3 dispositifs fiscalement attractifs pour investir son épargne

En France, la fiscalité des revenus de l’épargne est relativement élevée. C’est en tout cas le constat que l’on peut faire en la comparant à la fiscalité des autres pays développés en Europe et dans le monde. Cet état de fait ne décourage pas pour autant les Français à épargner. Au contraire, les Français épargnent près de 15 % de leurs revenus, ce qui les place parmi les plus gros épargnants en Europe.

La fiscalité de l’épargne

Le régime fiscal s’appliquant par défaut sur les revenus de l’épargne est un peu moins lourd depuis l’introduction du prélèvement forfaitaire unique. Surnommé “flax tax”, ce prélèvement représente néanmoins une taxe conséquente : 30 % sur les revenus de l’épargne. Toutefois, les épargnants français peuvent alléger la fiscalité de leurs revenus du patrimoine à l’aide de différents dispositifs d’épargne. En effet, il existe divers dispositifs permettant d’investir et d’alléger le poids des impôts sur les revenus de l’épargne. Parmi les dispositifs les plus populaires, nous allons nous attarder sur trois d’entre eux : l’assurance vie, le plan d’épargne en actions (PEA), et le petit dernier : le plan d’épargne retraite (PER).

L’assurance vie : un dispositif multi-projet et flexible

Avec des encours globaux dépassant les 1750 milliards d’€, l’assurance vie est sans conteste le dispositif le plus plébiscité par les épargnants français. Pour mesurer la popularité de ce dispositif, un chiffre : le nombre de contrats ouverts est de près de 50 millions.

L’assurance vie est un dispositif s’accommodant avec tout type de projet financier. En effet, les contrats d’assurance vie commercialisés de nos jours sont multi-support. L’épargnant peut donc diversifier son épargne sur différents supports dont les profils de risque varient du tout au tout.

Les jeunes actifs souhaitant se constituer une épargne en vue d’un premier achat immobilier peuvent utiliser l’assurance vie pour investir sur des supports sans risque tels que les fonds euros. Tandis que les investisseurs au long cours, avec un horizon d’investissement à 10 ou 20 ans (et plus), peuvent profiter de l’assurance vie pour investir sur les marchés actions ou dans l’immobilier (une autre passion française).

Sur un contrat d’assurance vie de plus de 8 ans, l’épargnant bénéficie d’une fiscalité réduite à 17,2 % sur la part des plus-values matérialisées lors d’un retrait partiel sur le contrat. Cela dans la limite de 4600 euros par an et par épargnant (le double pour un couple marié ou pacsé).

Le plan d’épargne en actions

Le plan d’épargne en actions (PEA) est la meilleure enveloppe pour investir sur les marchés actions. Malgré quelques restrictions (le PEA doit être investi sur des titres d’entreprises européennes) il s’agit du dispositif le plus intéressant pour investir en actions, car contrairement à l’assurance vie, il ne supporte pas de frais de gestion sur les encours. Mieux encore, la fiscalité avantageuse s’applique sur l’ensemble des gains, peu importe le montant des plus-values matérialisées.

Toutefois, les versements sur le PEA sont limités à 150 000 euros. Les épargnants les plus aisés devront donc se tourner vers l’assurance vie s’ils souhaitent investir plus de 150 000 euros en bourse.

Le plan d’épargne retraite : ce nouveau produit connaît un vif succès

Pour de multiples raisons liées à des questions démographiques et d’équilibre budgétaire, les Français sont incités à se constituer un complément de revenus pour la retraite, ce que l’on appelle communément une retraite par capitalisation. Encore fallait-il un dispositif d’épargne incitatif pour cela ! C’est chose faite avec le plan d’épargne retraite (PER).

Mis en place fin 2019, le PER est un dispositif proposant un cadre fiscal très intéressant. Les versements effectués sur le PER sont déductibles du revenu imposable (dans la limite de 10 % des revenus). Cela signifie que le PER permet de diminuer son impôt sur le revenu. Ce dispositif est d’autant plus incitatif que l’épargnant se trouve imposé à des taux marginaux d’imposition élevés. Le taux marginal d’imposition atteint 30 % à partir de 25 711 € de revenu net imposable, et peut monter jusqu’à 45 % au-delà de 158 122 €. Ces montants élevés ne tiennent évidemment pas compte des cotisations salariales (charges patronales et charges salariales dont les montants représentent une fraction importante du revenu avant impôt).

Le plan d’épargne retraite est donc un dispositif bienvenu pour diminuer ses impôts tout en se constituant un matelas d’épargne pour ses vieux jours. En termes de fonctionnement, le PER est semblable à l’assurance vie : l’épargnant peut diversifier son épargne sur des placements sans risque (fonds euro) et des placements plus dynamiques (avec risque de perte en capital), par exemple des fonds d’investissement ou des supports immobiliers (pierre papier).

La répartition de l’épargne dépendra du profil de l’épargnant. Les gestionnaires de patrimoine préconisent une allocation très dynamique lorsque l’horizon d’investissement est supérieur à 10 ans. Sur une échelle de temps plus courte et/ou à l’approche de la retraite, il est conseillé de sécuriser son capital afin d’obtenir une meilleure visibilité sur le capital à disposition.

Gestion libre ou gestion sous mandat

Les trois dispositifs présentés (assurance vie, PEA et PER) peuvent être pilotés en gestion déléguée : l’épargnant donne mandat à une société de gestion pour allouer et gérer les encours investis sur l’enveloppe. Ce mode de gestion pilotée est recommandé aux épargnants n’ayant pas les compétences et/ou le temps pour gérer leurs placements par leurs propres moyens (gestion libre). Même si la gestion pilotée occasionne des frais, il s’agit généralement du mode de gestion le plus adéquat pour optimiser l’allocation de l’épargne et faire progresser le patrimoine du mieux possible, tout en respectant le niveau de risque auquel l’épargnant souhaite s’exposer.

En conclusion, il est intéressant de constater que les Français ont accès à des dispositifs d’épargne intéressants pour faire fructifier leur capital en évitant de s’exposer à la fiscalité par défaut très élevée sur les revenus du capital.