Assurance PNO

Beaucoup de bailleurs considèrent que l’assurance du locataire suffit. C’est une erreur d’analyse : cette assurance couvre la responsabilité du locataire et ses biens, pas celle du propriétaire ni le bâti lorsque le sinistre ne lui est pas imputable. Entre les deux se trouve un espace que seule l’assurance propriétaire non occupant comble.

Ce qu’elle couvre

Son socle est la responsabilité civile du propriétaire : les dommages causés à des tiers par le bâtiment lui-même — chute d’un élément de façade, dégât des eaux provenant d’une canalisation, défaut d’entretien. Cette responsabilité vous incombe indépendamment de tout comportement du locataire.

S’y ajoutent selon les contrats la couverture du bâti pendant les périodes de vacance locative, les sinistres dont l’origine n’est pas imputable au locataire, le recours contre ce dernier lorsque son assurance est défaillante, et la protection juridique liée à la location.

Les trous de couverture classiques

  • La vacance locative. Entre deux locataires, aucune assurance de locataire ne couvre le logement : dégât des eaux, incendie ou vandalisme surviennent alors sans protection si vous n’êtes pas assuré.
  • Le locataire non assuré. L’attestation est exigible à l’entrée et chaque année, mais un locataire peut cesser de payer sa prime en cours de bail sans que vous en soyez informé.
  • Le sinistre non imputable. Un défaut de la structure ou une canalisation encastrée relèvent du propriétaire, pas du locataire.
  • Le meublé. Le mobilier que vous fournissez n’est couvert par aucune assurance de locataire : il relève de votre propre contrat.

Comme la garantie loyers impayés, la prime est déductible des revenus fonciers au régime réel. Elle entre donc dans le calcul du rendement net, détaillé dans notre guide du calcul de rendement locatif.

Questions fréquentes

L'assurance propriétaire non occupant est-elle obligatoire ?

Elle est légalement obligatoire pour tout lot situé en copropriété, au titre de la responsabilité civile, que le logement soit loué ou vacant. Pour une maison individuelle, elle n’est pas imposée par la loi mais reste vivement recommandée : la responsabilité du propriétaire du fait du bâtiment demeure engagée, et aucune assurance de locataire ne la couvre.

L'assurance du locataire ne suffit-elle pas ?

Non. L’assurance habitation du locataire couvre sa responsabilité et ses biens personnels, pas la vôtre ni le bâti lorsque le sinistre ne lui est pas imputable. Elle ne couvre pas davantage les périodes de vacance entre deux baux, ni le mobilier que vous fournissez en location meublée. Les deux contrats sont complémentaires et ne se substituent pas l’un à l’autre.

La prime est-elle déductible des revenus locatifs ?

Oui, au régime réel : elle constitue une charge déductible des revenus fonciers en location nue et une charge d’exploitation en location meublée. Au régime micro, elle n’est pas déductible séparément, l’abattement forfaitaire étant réputé couvrir l’ensemble des charges. Conservez les avis d’échéance, ils font partie des justificatifs à produire en cas de contrôle.

Que faire si le locataire n'est plus assuré ?

L’attestation d’assurance est exigible à la remise des clés puis chaque année. En cas de défaut persistant malgré une mise en demeure, le bail peut prévoir la résiliation, ou le bailleur peut souscrire une assurance pour le compte du locataire et en répercuter le coût sur le loyer, dans les conditions prévues par la loi. Une clause explicite dans le bail facilite considérablement la mise en œuvre.

Faut-il une assurance différente pour un meublé ?

Le principe reste identique, mais le contrat doit expressément couvrir le mobilier que vous fournissez, ce que les formules de base ne prévoient pas toujours. Vérifiez également la couverture des équipements électroménagers et, pour une location de courte durée, l’existence d’une garantie adaptée : de nombreux contrats excluent la location saisonnière ou la soumettent à déclaration préalable.

Le syndic assure-t-il déjà mon appartement ?

L’assurance souscrite par le syndic couvre l’immeuble et les parties communes, ainsi que la responsabilité de la copropriété. Elle ne couvre ni votre responsabilité personnelle de propriétaire, ni les parties privatives de votre lot. C’est précisément pour combler cet écart que l’assurance propriétaire non occupant est rendue obligatoire pour les lots en copropriété.

Voir le guide de l'assurance emprunteur